Jeudi 19 juin 2008

Je me permettrai quelques digressions sur les autres communes du canton. Ça fait longtemps que les politiques communales sont interdépendantes les unes des autres et que certaines options prises dans une commune peuvent concerner à bon ou à mauvais escient d'autres collectivités.

 

La ville de la Chaux-de-Fonds est le pôle important des Montagnes neuchâteloises, j'y travaille depuis 1978 et j'y suis même né. La Chaux-de-Fonds, bien que je sois loclois dans l'âme depuis ma plus tendre enfance, est pour moi une seconde "nature" et il est normal que je m'y intéresse.

 

On vit tous avec des certitudes, fondées ou infondées. On n'en prend pas garde, on ne s'y accroche pas forcément mais c'est comme ça. J'en ai pas mal dans ma tête et il m'arrivera d'en partager avec vous de temps en temps. Une de celle là concernait la répartition du Conseil communal de La Chaux-de-Fonds où je considérais les deux sièges socialistes insubmersibles.

 

En ce qui me concernait, je considérais le troisième siège de la gauche, celui du POP,  en sursis. Surtout avec ce qui s'était passé il y a quatre ans où les Verts avaient échoué in extremis car ils n'avaient présenté que deux candidats à l'exécutif. Pour moi, ce siège devait être soit POP ou Verts.

 

Au soir du 27 avril dernier, les Verts pouvaient être déçu car le POP avec la dynamique Jean-Pierre Veya a vu ses suffrages en nette augmentation par rapport aux dernières élections. Le Conseiller communal  a bénéficié de son statut de sortant tant son avance sur ses colistiers était importante.

 

En fait pour 75 suffrages sur 29613, le PS aurait dû subir une répartition supplémentaire des sièges : celle-ci aurait quand même attribué le siège aux socialistes mais avec une réserve de 634 suffrages soit 1,33 % des suffrages exprimés. Pour mémoire, la division permettant l'attribution des sièges pour le PS est passée de 2,26 en 2004 contre 2,01 en 2008.

 

Les Verts se sont rapprochés encore plus de l'obtention d'un siège à l'exécutif de La Chaux-de-Fonds. La leçon à tirer de ces élections est que dorénavant le siège le plus menacé est le deuxième siège socialiste et non celui du POP. Un aplanissement des forces de la gauche à la Chaux-de-Fonds ira forcément dans ce changement à moins d'un écroulement du POP ou d'un recul des Verts.

 

Je pratique un peu Laurent Kurth dans le cadre des Conseil généraux communs des villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds et sa non-réélection aurait été une sacrée perte pour les Montagnes neuchâteloises. Il est aussi président du Conseil des Hôpitaux dans lequel je suis membre et j'ai aussi pu apprécier la manière dont il mène les débats et sa capacité de synthétiser des problèmes assez complexes. En tant que personne de droite, je n'ai pas toujours les mêmes idées qu'un socialiste mais force est de reconnaître que : principalement une maîtrise irréprochable des dossiers, une adaptation aux nouveautés, une compréhension facile et une capacité de travail indéniable le caractérisent. En plus c'est un orateur hors-pair, ce qui n'est pas négligeable pour donner de soi une image rassurante. Je l'apprécie beaucoup en tant que magistrat et j'ai trouvé que son passage du Conseil général au Conseil communal l'a bonifié.

 

Un des points importants que j'ai appris avec ses dernières élections communales est que la perception des hommes ou femmes politiques est très différente entre le citoyen lambda et celle des élus ou responsables de partis. Je n'ai pas encore saisi (mais est-ce possible ?) ce qu'il fallait faire ou dire mais le cas de Laurent Kurth m'interpelle car il semblerait que les électeurs ne voient en lui peut être que l'urbaniste qui veut absolument faire passer ses idées contre vent et marée. Et ça, les électeurs n'aiment pas trop.

 

Le flux tendu ne concerne pas que le parti socialiste : j'ai fait un petie tableau pour illustrer mes propos. La marge de manœuvre de la droite dont je suis issu est relativement faible. Sa réserve se monte à 427 suffrages soit le 0.9 % des suffrages exprimés. Paradoxalement, en cas d'apparentement, la réserve s'élèverait à 569 suffrages soit 1,2 % des suffrages exprimés. La droite modérée a quatre ans pour convaincre son électorat et il a fort à faire face à une gauche très soudée et une UDC très conquérante qui cartonne à 20,09 %.


Voici le tableau concernant la répartition des suffrages :


Rép. Liste Suffrage Coefficient Attribution Sièges Réserve suffrages En %
1 UDC 9540 7917 1.21 1 1623 3.42
1 Apparentement Droite 8344 7917 1.05 1 427 0.90
1 Apparentement. Gauche 29613 7917 3.74 3    
               
2a Radical 3005 4173 0.72 0    
2a Lib-PPN 5339 4173 1.28 1    
               
2b Socialiste 14883 7404 2.01 2 75 0.16
2b POP 8036 7404 1.09 1 632 1.33
2b Verts 6694 7404 0.90 0 -710 -1.49


L'UDC est tellement forte qu'elle n'a pas besoin de s'apparenter avec la droite traditionnelle mais l'affaiblissement de celle-ci risquerait plutôt d'avantager la gauche et de faire basculer le siège du  côté gauche de l'échiquier politique. Ca aurait été le cas à Neuchâtel si la droite ne s'était pas apparentée car l'UDC du chef-lieu (11,47 %) est nettement moins forte que son homologue des montagnes (20,09 %).

Et le tableau fictif au cas où les socialistes avaient eu 75 suffrages de moins


Rép. Liste Suffrage Siège(s)+1 Quotient Sièges Réserve suffrages En %
3 Socialiste 14807 2 7403.50 1 634 1.33
3 POP 8036 2 4018.00 0    
3 Verts 6770 1 6770.00 0    

En conclusion, je récapitule les flux tendus. Je les illustre par les réserves de suffrage en %.

 

1,33 % au maximum des suffrages exprimés peuvent être assez volatiles.

 

Droite traditionnelle (ULR) : réserve de 0,9 % : avec apparentement UDC 1,20 %

Parti socialiste : réserve de 1,33 %, idem pour le POP.

 

La droite traditionnelle doit être très attentive car la saga Hainard-Iff-Monnard a plutôt brouillé les cartes.

 

Mais ce micmac n'est pas l'apanage exclusif de la droite traditionnelle : chaque parti a sa pierre dans son jardin (le POP avec le retrait de Marianne Huguenin au profit de Joseph Zisyadis et les socialistes avec le deuxième tour de l'élection au Conseil d'Etat neuchâtelois spolié à l'électorat neuchâtelois). J'espère seulement que les électeurs chaux-de-fonniers s'en souviendront dans quatre ans.

 

Par Claude Dubois - Publié dans : Elections communales 2008
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Présentation

Biographie

Claude Dubois.
Né le 5 avril 1959.
Marié, avec Corinne, 3 enfants, Gaëtan, Noémie et Thomas.
Informaticien.
Je travaille depuis 1981 dans mon entreprise Dubois-Informatique S.A.

Conseiller général Libéral-PPN depuis 1996.
Président du Conseil général 1997-1998.
Président de la Fondation de l'Hôpital du Locle depuis 2000.
Chef du groupe Libéral-PPN/Radical au Conseil général depuis 2004.
Membre de la commission financière depuis 2006.
Membre du Conseil des hôpitaux depuis 2006.

Je suis membre du club d'échecs du Locle qui est en standbye actuellement.

J'ai fait de la natation de compétition pendant 10 ans au Locle-Natation.

J'adore l'histoire.

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